Article 8 : La lutte contre les faux VTC, une mesure nécessaire mais insuffisante

Article 8 : La lutte contre les faux VTC, une mesure nécessaire mais insuffisante

La loi d’orientation des mobilités (LOM) a introduit plusieurs dispositions pour réguler le secteur du transport de personnes, notamment l’article 8 qui vise à lutter contre les faux VTC. Cette mesure, bien que nécessaire, soulève des questions sur son efficacité réelle et ses limites.

Le phénomène des faux VTC

Depuis plusieurs années, le secteur VTC fait face à une problématique majeure : la prolifération de chauffeurs exerçant illégalement. Ces « faux VTC » opèrent sans carte professionnelle valide, sans assurance adéquate, et parfois même avec des véhicules non conformes.

Cette situation crée une concurrence déloyale pour les professionnels en règle et met en danger les passagers. Les plateformes de réservation, malgré leurs obligations légales, peinent à contrôler efficacement l’intégralité de leurs chauffeurs.

L’article 8 : un outil de contrôle renforcé

L’article 8 de la LOM renforce les pouvoirs de contrôle des autorités et durcit les sanctions contre les contrevenants. Les forces de l’ordre peuvent désormais effectuer des vérifications plus approfondies et immobiliser les véhicules en infraction.

Les plateformes sont également soumises à des obligations plus strictes en matière de vérification des documents de leurs chauffeurs. En cas de manquement, elles s’exposent à des sanctions financières significatives.

Les limites de la réglementation

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent. Les moyens humains et matériels alloués aux contrôles restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. De nombreux chauffeurs illégaux continuent d’opérer en toute impunité.

La coopération entre les différentes autorités compétentes (préfectures, police, inspection du travail) n’est pas toujours optimale. Les procédures administratives peuvent être longues et complexes.

Vers des solutions complémentaires

Pour une lutte efficace contre les faux VTC, plusieurs mesures complémentaires s’avèrent nécessaires : renforcement des effectifs de contrôle, digitalisation des procédures de vérification, sanctions plus dissuasives, et responsabilisation accrue des plateformes.

Le rôle des syndicats professionnels est également crucial dans cette lutte. Ils peuvent alerter les autorités sur les situations irrégulières et accompagner les chauffeurs dans leur mise en conformité.

Conclusion

L’article 8 constitue une avancée significative dans la régulation du secteur VTC, mais ne peut à lui seul résoudre le problème des faux VTC. Une approche globale, combinant renforcement des contrôles, modernisation des procédures et implication de tous les acteurs, s’avère indispensable pour assurer un secteur VTC sain, sécurisé et équitable pour tous.

chelabi vincent

Coordinateur national syndicat VTC Union Indépendants